Une petite toile de RAZA adjugée 6 000 € (vente Deburaux du 20/11/2015)

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Sayed Haider Raza

 

Sayed Haider Raza nait en 1922 à Barbaria, un petit village de l’Etat indien Madhya Pradesh. Il commence ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Nagpur puis à la Sir Jamsetjee Jeejebho of Art à Bombay.

 

En 1947, il devient un des membres fondateurs de Progressive Artists’ Group. Ce mouvement annonciateur de ce qui caractérisera son art constitue une synthèse des influences de l’art traditionnel indien et des styles artistiques dominant l’Europe et l’Amérique du Nord dans la première moitié du XXe siècle.

 

Fasciné par la France et l’art occidental, il obtient en 1950 une bourse lui permettant de poursuivre ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Il choisit ainsi la France comme lieu de résidence et y séjournera quarante ans sans jamais oublié ses origines. L’abstraction de son travail, issue de l’influence des mouvements postimpressionnistes, cubistes et expressionnistes, situe Raza dans l’école dite « de Paris ».

 

En 1980, insatisfait par sa création, il se tourne vers sa culture maternelle. Il additionne à l’art occidental les valeurs spirituelles de ses origines aboutissant à un syncrétisme le menant à la postérité. « Je n’étais pas content de mon travail. Dans la solitude de mon atelier, dans le silence de mes nuits, je m’apostrophais : « Où es-tu Raza ? Je ne te vois pas dans tes peintures ! » Je pense que j’avais fait le tour de tout ce que la tradition française pouvait m’apporter. Quelque chose me manquait,  une valeur qui provenait de mes origines : la spiritualité dans l’art, cette Présence que l’on retrouve dans nos danses, notre musique, notre poésie… Que faire ? Je me suis à nouveau rendu en Inde et, depuis lors, j’y suis allé chaque année. »

 

Des motifs récurrents apparaissent. Le point noir et le cercle, au-delà de leur valeur esthétique, incarnent les symboles spirituels indiens du Bindu et du Mandala. Respectivement centre de la création et représentation de l’évolution cosmique de l’univers, ces symboles géométriques invitent à la méditation. Néanmoins, la force qui agit sur la création importe plus à l’artiste que le motif final. « Je pense que la peinture n’est pas produite par l’homme, par le peintre, mais que dans l’acte de peindre il y a des forces supérieures qui participent, qui agissent. Sans elles, pas de grand art.

Je pense que la peinture n’est pas produite par l’homme, par le peintre, mais que dans l’acte de peindre il y a des forces supérieures qui participent, qui agissent. »